Les Capteurs Sensoriels

 

La réaction de soutien est permise par une intégration plurimodalitaire au niveau du système nerveux central. C’est à dire que le cerveau est capable d’analyser à l’instant t un grand nombre de données provenant de nombreuses sources, pour ne donner qu’une réponse globale, unique, immédiate et adaptée. Nous allons voir ici les différents rôles des capteurs du système postural d’aplomb.

 

 

  • LE CAPTEUR VISUEL (YEUX + MUSCLES OCULO-MOTEURS)

 

C’est un double capteur:

Il transmet l’information rétinienne au cerveau, c’est à dire l’image que nous voyons. L’œil est donc un exocapteur puisqu’il nous renseigne sur ce qui nous entoure. Comme la vision est assurée par deux yeux (vision binoculaire) le cerveau reçoit deux images distinctes et c’est lui qui assure le processus de fusion. Il associe les deux images pour n’en former qu’une seule sans que nous ne nous rendions compte de rien. Si vous fermez chaque œil alternativement vous constaterez que l’objet que vous fixez bouge légèrement, ce qui vous permet de prendre conscience que chaque œil donne une image un tout petit différente du fait de sa position.

Les muscles oculo-moteurs qui gèrent la mobilité de l'oeil, transmettent au cerveau leur état de contraction ou de tension à chaque instant, permettant à celui-ci de savoir dans quelle position se trouvent nos yeux dans les orbites et donc d’en déduire où nous nous situons par rapport à la position de la tête mais aussi par rapport à l' image que nous regardons. C’est cette fois le rôle d’endocapteur que joue l’appareil visuel, puisqu’il nous renseigne sur la position d'une partie de notre corps (nos yeux) dans l'espace.

La combinaison endo et exo capteur fait de l’appareil visuel un organe clé de la stabilisation.

 

Illustration concrète : 

Vous êtes assis dans un train votre tête tournée à droite, et vous regardez à travers la fenêtre un autre train à quai. Votre appareil visuel vous donne une première information (rétinienne) qui vous permet de reconnaître un train. Mais il vous donne une seconde information qui est la distance entre vous et ce train car vos yeux convergent simultanément vers le point que vous fixez sur le train. C’est la convergence qui permet d’évaluer la distance entre vous et l’objet que vous regardez, grâce à vos muscles oculo-moteurs. Si le train que vous regardez démarre, vos yeux vont suivre le sens de son mouvement.

Si celui-ci se déplace de droite à gauche, vos yeux vont le poursuivre de droite à gauche, si celui-ci s’éloigne peu à peu vous tournerez aussi la tête, puis le train s'éloignant les yeux vont même diverger pour vous permettre de le distingue  de manière toujours très nette. Ainsi les muscles oculo-moteurs modifient leur état de contraction en bougeant les yeux dans l’orbite afin de stabiliser l'image sur la rétine. Ils envoient les informations sur leur niveau de contraction au cerveau, ce qui lui permet de déduire le sens du déplacement du train de droite à gauche et d’évaluer la distance qui vous sépare de lui.

 

Ainsi vous pouvez mieux comprendre le rôle de l’appareil visuel. En plus de vous donner l’image de ce que vous voyez, il vous permet de vous situer dans l’espace, de vous y orienter et même de participer à la coordination de vos mouvements. Lorsqu’on trébuche sur une pierre, c’est que l’on n’a pas vu cette pierre, ou bien que notre cerveau a mal évalué la distance entre nous et cette pierre ou encore que le geste pour l’éviter n’a pas été suffisamment efficace, ce qui peut arriver.

C’est pour cela que le podologue posturologue peut-être amené à investiguer l’efficacité de l’appareil visuel. Les chutes répétées chez l’enfant ou chez une personne plus ou moins agée, les entorses à répétition, les troubles de l’écriture ou de la lecture, peuvent avoir pour cause un défaut de fonctionnement de l’appareil visuel (de la vue, ou des muscles oculo-moteurs). La personne peut également inconsciemment compenser ce défaut en faisant varier la position de ses yeux ou de sa tête, ce qui peut donner des douleurs cervicales, des migraines voire même des sensations vertigineuses ou d’instabilité.

Lors de son bilan du tonus postural le posturologue  pourra constater une variation du tonus musculaire entre les situations yeux ouverts ou yeux fermés. Si un déséquilibre du tonus musculaire yeux ouverts disparaît les yeux fermés, il pourra évoquer l’hypothèse d’un dysfonctionnement du système visuel et devra l' investiguer plus précisément pour savoir si le trouble est purement visuel (rétinien) lié à un défaut de l’œil lui-même, ou bien d’origine oculo-motrice (muscles oculo-moteurs) qui ne permet pas au cerveau de bien situer le sujet par rapport à ce qu’il voit. C’est pour cela qu’il peut être amené à vous envoyer chez un ophtalmologiste, un orthoptiste ou encore vers votre opticien pour régler la cause de vos troubles.

Lorsque l’on effectue un mouvement aussi simple que marcher ou courir, on se dirige toujours vers l’endroit où l’on regarde. C’est encore plus important lors de mouvements nécessitant de l’adresse ou de la précision, comme au basket, au golf, au tir, ou encore écrire.

Bien bouger, bien exécuter un mouvement, bien marcher, bien courir, bien travailler, c’est avant tout bien voir ! Je vais où je regarde!

 

 

  • LE CAPTEUR PODAL (PEAU PLANTAIRE + MUSCLES EXTRINSEQUES DU PIED)

 

C’est aussi un double capteur.

La peau plantaire est au pied ce que la rétine est à l’œil. C’est elle qui nous fournit les sensations par rapport au sol. Elle joue le rôle d’exocapteur puisque là encore le cerveau reçoit des informations en rapport avec notre environnement. Elle est truffée de capteurs extrêmement sensibles à la pression, leur précision est du dixième de millimètre, selon les zones ils sont plus ou moins nombreux.

Les muscles intrinsèques et extrinsèques du pied, les articulations, les fascias d’enveloppe, ont également un rôle sensoriel important (endocapteur) puisque comme les muscles oculo-moteurs, leur état de tension renseigne sur la position du corps, par rapport au point fixe (ou point d’ancrage) qu’est le pied au cours du mouvement en appui.

Encore une fois la combinaison exo et endo capteur fait du pied un deuxième centre sensoriel majeur jouant un rôle clé dans la stabilisation.

 

Illustration concrète: 

Pour comprendre le rôle clé des informations plantaires et podales mettez vous en position assise prêt à écrire votre prénom. Si vous voulez écrire de manière soignée vous constaterez que vous aurez besoin d’une bonne stabilité. Ainsi vous allez d’abord bien prendre appui sur votre chaise sur vos fesses, mais bien positionner vos deux pieds au sol pour augmenter cette performance de stabilité. Seulement après, vous stabiliserez vos bras sur la table afin d’effectuer un geste précis.

Maintenant essayez de réécrire votre prénom en gardant les deux pieds en l’air et en soulevant suffisamment vos cuisses pour que seules vos fesses soient en contact avec la chaise, sans que les pieds soient en contact avec le sol. Normalement vous devriez avoir plus de mal à effectuer un geste précis. Bien sur c’est réalisable, mais très rapidement vous fatiguerez car vous êtes dans une position très peu économique sur le plan musculaire, et vous reprendrez une position plus confortable.

Le pied en tant que point fixe du mouvement, doit être parfaitement stable, le plus vite possible, pour permette une stabilisation efficace et par conséquent une économie d’énergie. Plus la stabilité est grande moins la dépense d’énergie pour rattraper les déséquilibres est importante, l’effort peut donc être fourni plus longtemps.

Que font un golfeur, un tireur à l’arc, un joueur de basket qui va shooter à 3 points, un joueur de foot qui va tirer un coup franc, avant d’effectuer leur geste ?

Ils prennent un bon appui, un bon point fixe, qui leur permettra d’effectuer le geste le plus précis. Sans point fixe, pas de stabilité. Sans stabilité, le geste est beaucoup plus aléatoire et plus couteux en énergie.

Il est d’ailleurs bien plus facile de marcher ou courir sur un sol bien dur et peu déformable que dans du sable. Et bien moins fatigant sur la durée.

Si vous souhaitez soulever quelque chose de lourd qui repose au sol, vous allez d’abord écarter vos deux pieds pour augmentant votre surface d’appui et anticiper le déséquilibre qui sera généré par le port de la charge.

 

Ainsi vous pouvez mieux comprendre le rôle du pied dans la stabilisation. Il est votre point d’ancrage au sol, la base du mouvement, le point de départ, celui à partir duquel tout devient possible. Imaginez vous marcher avec un caillou sous le pied dans une de vos chaussures. Bien sur vous allez l’enlever. Mais imaginons que vous le laissiez. Votre marche va se modifier de façon à esquiver le point gênant ou douloureux. Ces modifications sont le fruit de modifications d’activité de nombreux muscles qui travaillent plus qu’à l’habitude pour vous permettre d’avancer. Vous fatiguerez rapidement puis des douleurs secondaires apparaitront, parfois même à distance. C’est exactement ce qu’il se passe lorsque le pied, perturbé par un blocage articulaire, musculaire ou une douleur, ne peut plus jouer son rôle de façon optimale.

C’est pourquoi le podologue posturologue évaluera éventuellement votre tonus postural en position assise et debout, pour voir les différences et l’implication éventuelle du pied dans des douleurs hautes. Il pourra être amené à modifier vos appuis par une semelle pour donner de meilleures informations à votre système nerveux central, ou encore exécuter un traitement manuel doux sur le pied de façon à réharmoniser les fonctions de celui-ci.

Le pied est un capteur avant d’être un moteur !

 

 

 


LA FINESSE DES CAPTEURS SENSORIELS

 

  Nous avons dit précédemment que la sensibilité des capteurs plantaires est extrêmement fine (de l’ordre de l’épaisseur d’un cheveu ou un grain de sable !). Il en est de même pour l’appareil visuel. C’est pourquoi vous serez peut-être surpris de constater qu’une petite cale d’un millimètre peut changer beaucoup plus de choses qu’une correction plus importante. Nous sommes dans la stimulation sensorielle, nous parlons à un capteur impliqué dans un système neurologique. On le stimule ou non, mais ce n’est pas parce qu’on le stimule plus fort que le résultat est plus important. Le système postural est un système dynamique non linéaire, c’est à dire qu’il n’y a pas de proportionnalité entre la stimulation et l'importance de la réponse, tout à fait différent d’un concept mécaniste.

  Souvent méconnue (par les patients et le monde médical en général), cette technique peut paraître surprenante car nous sommes conditionnés à attendre une réponse de plus en plus importante en fonction de l’intensité de la stimulation.

 

  Prenons quelques exemples:

 

  • concept mécaniste ou dynamique linéaire : plus une pomme tombe de haut, plus elle prend de vitesse, plus elle s’écrase fort en arrivant au sol. Ou encore, plus je shoote fort dans un ballon plus il va loin.

 

  • concept sensoriel ou dynamique non linéaire : lorsque j’appuie sur un interrupteur la lumière s’allume. Ce n’est pas parce que j’appuie plus fort sur l’interrupteur qu’elle éclaire plus. Ou encore lors d’une caresse, ce n’est pas parce que j’appuie plus fort sur la peau qu’elle est plus agréable, au contraire !

 

  C’est pour cela qu’une semelle très fine peut avoir un effet très efficace sur l’ensemble de la posture lorsque le pied est en cause.

  C’est aussi pour cela qu’une semelle prescrite lorsque le pied n’est pas en cause ne donne pas d’effet.

  C’est encore pour cela qu’une paire de lunettes mal centrées, une correction visuelle inadaptée, un problème de convergence, ou une déviation même minime des axes visuels peut avoir des conséquences importantes sur la posture et générer des douleurs à distance à cause des compensations qu’elle engendre.


 

 

 

  • L’OREILLE INTERNE (CANAUX SEMICIRCULAIRES + OTOLITHES)

 

Les capteurs proprioceptifs tels que les capteurs visuel et podal ne suffisent pas pour le cerveau lors de mouvements complexes comme la marche, la course, le saut. En effet il a besoin de connaître la position de la tête par rapport aux yeux mais aussi par rapport au tronc. L’oreille interne permet de gérer la position de la tête au cours du mouvement. En effet lorsque nous bougeons nous devons stabiliser notre regard sur la cible que nous fixons, si possible assez proche de l’horizontale et pour cela il faut que notre tête soit verticale. L’oreille interne détecte les infimes variations de la position de la tête dans tous les plans de l’espace afin que celle-ci puisse être corrigée immédiatement. Elle assure la coordination entre la position de la tête (par le contrôle des contractions des muscles cervicaux) et la direction du regard pour que l’image soit stable sur la rétine. Pour cela deux types de capteurs :

  • Les otolithes sont des détecteurs d’accélérations linéaires qui donnent la perception de la gravité donc de la verticale subjective, valeur de référence pour la position de la tête.
  • Les canaux semi-circulaires sont des détecteurs d’accélérations angulaires qui renseignent sur les variations d’inclinaison de la tête dans les 3 plans de l’espace. L’orientation des canaux semi-circulaires donne une référence spatiale à l’organisation et à la coordination de tous nos mouvements.

  Les messages des capteurs vestibulaires permettent d’anticiper la position future de la tête. C’est aussi grâce à ce système qu’on peut tourner la tête tout en fixant un point ou inversement tourner les yeux la tête fixe. La coordination du regard aux muscles du cou est assurée par les réflexes vestibulo-oculaires et vestibulo-spinal (cou). Plus la scène visuelle est riche moins on se sert du système vestibulaire et inversement. Ce qui permet à des enfants non voyants d’acquérir la marche au même âge que des enfants voyants.

 

 llustration concrète : 

Lorsqu’on trébuche vers l’avant, la tête subit une accélération brutale vers l’avant. En parallèle le pied a senti le contact sur l’obstacle, les yeux ont perçu le rapprochement de la cible. Grâce au système vestibulaire coordonné aux muscles du cou et du tronc, la tête et le tronc se redressent pour éviter la chute.

Les trois capteurs ont ressentis différentes sensations chacun à leur niveau et les ont transmises au système nerveux central qui peut déclencher une réponse de rattrapage approprié (qui est préprogrammée dans notre répertoire de synergies motrices) afin d’éviter la chute.

On voit ici le rôle et l’importance des différents capteurs, mais aussi leur association.

 

 

  • LE RACHIS CERVICAL

 

Les muscles cervicaux sont souvent le siège de douleurs appelées cervicalgies. Elles peuvent s’accompagner de maux de têtes, douleurs faciales, douleurs dans le bras, vertiges, nausées… Bien sur elles peuvent être le siège de lésions ou processus dégénératifs. Mais en l’absence de lésion comment peut on avoir des douleurs cervicales ?

Si les muscles cervicaux sont si souvent concernés c’est parce que leur rôle dans la locomotion est majeur. Nous l’avons un peu évoqué en parlant de l’oreille interne, les muscles du cou ont pour rôle de stabiliser la tête. Et celle-ci doit être droite afin que le regard soit horizontal et que nous puissions regarder devant nous. Je vais ou je regarde, avant d’y mettre les pieds !

Les muscles du cou sont directement coordonnés aux muscles oculo-moteurs et à ceux du tronc. N’oublions pas que la tête pèse presque 20% du poids du corps, et que sans muscles cervicaux pour la retenir, elle tombe en avant. Vous avez pu déjà vous en rendre compte dans les transports lorsqu’un passager s’endort, le tonus de ses muscles se relâche et sa tête chute brusquement en avant. Les muscles cervicaux sont donc en contraction tonique permanente pour maintenir cette tête à chaque instant, au bureau assis devant l’ordinateur, en marchant, en courant. Ils participent aussi à votre orientation dans l’espace en participant à l’orientation de votre regard.

 

Illustration concrète : 

Vous voulez suivre un oiseau qui vole rapidement de droite à gauche. Dans un premier temps seuls vos yeux vont bouger de la droite vers la gauche, puis votre tête va tourner dans le même sens, puis votre tronc. Cela se fait naturellement, sans rupture dans le mouvement parce que la coordination est parfaite entre vos yeux, votre cou et votre tronc.

 

Le chef d'orchestre qui pilote tout cela c’est votre oreille interne. Mais c'est aussi grâce aux informations transmises par vos yeux, vos capteurs vestibulaires et vos muscles cervicaux. Les muscles cervicaux n’ont pas seulement un rôle de maintien de la position de la tête, ils envoient également des milliers d’informations sur leur niveau de contraction au cerveau, ce qui lui permet de connaître la position de votre tête dans l’espace.

Lorsque les yeux présentent une asymétrie tonique des muscles oculo-moteurs, même minime, on retrouve, du fait que ce soit l’oreille interne qui pilote le système, toujours une asymétrie tonique au niveau du cou et du tronc jusqu’au membre inférieur.

Ceci est valable dans tous les sens : une dysfonction en bas retentit sur le haut, en haut sur le bas, le milieu sur le haut et le bas.

 

Il existe autre chose qui peut perturber l’équilibre musculaire du rachis cervical. C’est la mandibule ! En effet lorsque vous mastiquez vous utilisez les muscles manducateurs qui sont aussi des muscles cervicaux. Alors imaginez une douleur dentaire d’un côté, vous allez automatiquement mâcher du côté opposé. La mastication se fait donc dans un travail musculaire asymétrique qui perturbe l’équilibre et la dynamique cervicale.

Le podologue posturologue devra donc en présence de douleurs cervicales, faire le point sur leur origine. 

Sont elles lésionnelles ? Sont elles posturales ? 

S’il y a lésion, il ne pourra pas faire grand-chose, seul un traitement médical peut être efficace. Mais s’il y a lésion d’usure comme l’arthrose, c’est peut être que cela fait longtemps que le rachis cervical fonctionne mal. Il n’est jamais trop tard pour améliorer la fonction même s’il y a lésion.

Pour résumer, des douleurs cervicales peuvent être liées :

  • à une lésion (origine traumatique)

  • à une lésion dégénérative (arthrose, rhumatisme inflammatoire)

  • à un blocage (restriction de mobilité d’une vertèbre cervicale sur un autre qui limite l’amplitude globale du mouvement de la tête en rotation, flexion, extension)

  • à une adaptation posturale (dysfonction oculo-motrice, plantaire, manducatrice)

C’est pour cela que votre podologue posturologue peut parfaitement vous soulager les cervicales si le pied est en cause en vous réalisant des orthèses à visées posturales. Il peut le cas échéant vous envoyer chez votre médecin pour un traitement médical (mais bien souvent le patient est déjà passé par lui), chez un orthoptiste, un ophtalmologiste, un opticien si les lunettes sont en causes ou encore le dentiste (même si peu de dentistes sont conscient de l’implication de l’occlusion sur la posture).

 

 

  • LA MANDIBULE

 

Bien entendu nous n’avons pas besoin de notre mandibule ni de nos dents pour tenir debout.

En revanche les muscles manducateurs sont aussi des muscles cervicaux. Et nous avons vu que leur équilibre tonique est essentiel à la posture et à la locomotion. Il faut donc que le fonctionnement mandibulaire soit optimal pour ne pas avoir de retentissement postural. Autrement dit, la mandibule peut être en cause dans vos douleurs, même à distance.

Les douleurs d’appel pouvant impliquer la mandibule dans les douleurs posturales sont :

  • cervicalgies (plus volontiers matinales)

  • bruxisme (grincements de dents), clenching (serrage de dents)

  • douleurs de l’articulation temporo-mandibulaire

  • maux de têtes, migraines

Un trouble d’occlusion (asymétrie des contacts entre le maxillaire supérieur et le maxillaire inférieur) peut vous amener inconsciemment à mâcher d’un côté de manière préférentielle. Mais aussi une édentation (une plusieurs dents qui ont été arrachées et non remplacées), un bridge ou une couronne mal réglé(e), ou encore tout simplement une douleur dentaire.

Le podologue posturologue peut être amené à tester l’impact de la mandibule sur votre posture pour savoir si elle peut être en cause. Dans ce cas il pourra être amené à vous orienter vers votre dentiste ou un occlusodontiste (spécialiste de l’occlusion très sensible à l’équilibre de la fonction mandibulaire et conscient de son impact sur les douleurs d’origine posturale).

La mandibule n’est donc pas un capteur en soi qui sert à gérer la posture mais surtout un facteur de perturbation. Elle peut être aussi utilisée pour compenser un problème à distance. En modifiant légèrement la position de la mandibule, le patient peut rééquilibrer son tonus musculaire qui est perturbé par autre chose. De ce fait il utilise sa mâchoire pour autre chose que ce pour quoi elle est prévue. Ce qui peut poser des problèmes locaux à terme.

 

 

  • LE SYSTÈME LOMBO-PELVIEN

 

Quand l’ensemble des capteurs fonctionne bien il y a de grandes chances que le système lombo-pelvien (bassin et rachis lombaire) ait une vie facile, dans sa position physiologique. En revanche, du fait de sa position entre le haut et le bas du corps et de ses capacités d’adaptation dans les trois plans de l’espace, lorsqu’une des entrées posturales est en défaut, il y a de fortes chances que l’on retrouve des compensations à ce niveau. Ce qui ne veut pas dire que c’est là qu’il faut traiter ! Il s’agit de faire le point comme à aux étages cervical et mandibulaire sur son niveau d’implication.

Le bassin, le rachis lombaire peuvent tout à fait être le siège d’une lésion dégénérative ou post-traumatique (arthrose, hernie discale) responsable des douleurs. Dans ce cas le traitement est médical.

En revanche on retrouve souvent des douleurs sans lésion. Les problèmes lombaires sont très fréquents et ne sont pas toujours appréhendés de manière globale. La plupart du temps les problèmes lombaires sont du fait d’une adaptation de cette zone à un déséquilibre sus ou sous-jacent. Le plus souvent les causes se retrouvent plus bas.

On parle d’ailleurs souvent d’inégalité de longueur de membre inférieur lorsque le bassin est décalé (ce qui entraine un retentissement sur la colonne lombaire). La question est de savoir s’il existe vraiment une jambe plus courte ou si le bassin est décalé parce qu’il s’adapte à un problème bas ou haut.

Le podologue posturologue devra bilanter le bassin et sa relation avec le rachis lombaire pour évaluer s’il n’est pas impliqué directement dans les douleurs. S’il paraît normal et que les douleurs sont malgré tout présentes il y a de fortes chances que le problème vienne d’ailleurs et c’est l’examen des autres capteurs et l’éventuelle dysfonction de l’un de ceux-ci qui orientera son traitement.

Ainsi, le podologue posturologue peut-être amené à vous orienter vers votre médecin s’il suspecte une lésion, un thérapeute manuel s’il suspecte un blocage musculaire ou articulaire empêchant la bonne mobilité de l’ensemble, ou encore chez l’orthoptiste. Il peut aussi être amené à vous réaliser des orthèses plantaires proprioceptives et posturales si l’entrée posturale en cause est podale afin de limiter les compensations dans la zone lombo-pelvienne.

 

 

 


  Pour que l’ensemble de l’appareil locomoteur fonctionne en harmonie, il faut que chacun des capteurs fonctionne de manière optimale. Les données sensorielles sont donc transmises au système nerveux central de façon optimale et celui-ci peut organiser une réponse adaptée et donner des ordres adaptés aux muscles afin qu’il contrôlent les adaptations posturales de manière efficace et économique au cours du mouvement.

 

  Le muscle est à la fois le moteur de ces adaptations mais il participe aussi à l’information sensorielle en renseignant le cerveau sur son état de contraction.

 

  Pour que les adaptations soient de bonne qualité il faut que le muscle aussi puisse fonctionner de manière optimale tant pour son rôle sensoriel que moteur. Or il peut exister des blocages musculaires appelés hypertonies qui peuvent être douloureuses et donner des blocages articulaires. En cas de fixité des blocages, l’intervention d’un thérapeute manuel est indispensable avant d’envisager un traitement postural par stimulation d’un ou de plusieurs capteurs.


 

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